Un coup de gueule, ça ne sert à rien mais sa soulage... 
Ce soir, je regardais LCP et...

Bon, je vous imagine en train de vous dire, sourire narquois, un brin désabusé aux lèvres "il radote le vieux ; il nous l'a déjà fait hier" !
Ben non ! Désolé de vous contrarier.
Ce n'est pas de la même chose dont je souhaitais vous parler ce soir.

Il y avait un invité, un mec du Modem, pas sectaire, sympa et même si je n'ai pas forcément les mêmes idées que lui, il tenait son rang et ses lunettes.

Il avait face à lui trois dobermans.
Ils appellent ça des journalistes sur LCP.
Jusque là, rien à dire : on a le droit de donner le nom qu'on veut à ses dobermans, non ?

Donc, le mec, les dobermans lui posaient des questions.
Ca peut paraître surprenant - et je ne le savais pas auparavant - mais il y a des dobermans qui savent parler. Pas toujours très bien, mais bon ! soyons un peu laxistes sinon ça use les neurones.
En revanche, ils ne savent pas écouter. 
Jugez-en par vous même : à chaque question il était annoncé au mec qu'il avait soixante secondes pour répondre mais ils lui coupaient la parole sans cesse. A trois jappements par minute (et quand ça se met à japper, un clébard, ça peut durer longtemps) il ne lui laissaient plus le temps.
Ce qui fait que le téléspectateur moyen (c'est moi), avide, la bave aux lèvres à l'idée de connaître l'avis de la chair à pâtée (ça bouffe de la pâtée, les dobermans) n'a jamais été assouvi.
A la place du mec, j'aurais quitté le plateau en leur mettant mon poing sur la truffe mais, fonction obligeant, il s'est retenu.
Il a bien fait, sinon il aurait eu la SPA sur les miches dès demain matin (mâtin quel matin ça aurait été !)

Les dobermans, n'ayant que ça à foutre, avaient épluché toutes les parutions, les chroniques politiques, mondaines et autres, lu tous les journaux informés parus depuis deux jours et les lui aboyaient comme des mitrailleuses armées de balles en fibre de fayots (vous savez, ceux qui font péter, en particulier les plombs). Bon, ils avaient oublié Playboy, mais dans leur précipitation, on peut les excuser à défaut de leur pardonner.
Ne soyons pas chiens tout de même !

Le pauvre gars, lui, écartelé entre ses devoirs de maire en province et ses obligations de député n'avait évidemment pas eu le temps de lire tout ça mais arrivait quand même à analyser en temps réel ce qui lui était asséné. Bravo l'artiste !
Mais sans qu'il ne lui soit jamais donné le temps de terminer sa réponse... 
Ils n'en avaient rien à foutre de sa réponse ! Leur seule préoccupation semblait être d'avoir mérité leur su-sucre vespéral pour avoir bien bâfré leur gamelle (j'espère pour eux que leur mai-maître s'en est aperçu, sinon demain, régime sec, comme les susdits fayots...)

Tous d'accord pour ne pas le laisser parler !

Je savais que les dobermans se reniflaient le cul, mais je ne savais pas qu'ils en étaient déjà arrivés aux partouzes...
Comme quoi le progrès avance à grand pas malgré notre faiblesse (avec deux "s" comme le disait Desproges, précisément à destination des journalistes).

Allez, bonne nuit à tous et à demain peut-être si LCP n'obtient pas ma radiation de Facebook pour atteinte avérée au premier pouvoir, la Presse (avec un pet majuscule).