Rien à foutre du Polak !

Une nana est revenue de la Montagne Tueuse (Himalaya) avec des orteils gelés. Tant mieux pour elle et nous en sommes ravis (sauf pour ses orteils).

Les média nous ont rebattu les oreilles avec ce fait d’hiver.
Du coup, j’ai suivi un peu le truc et je suis arrivé aux conclusions suivantes, auxquelles vous n’êtes pas obligé d’adhérer.

Les faits (si les journaleux n’ont pas trop brodé ou censuré) :

   Elle était là-bas (là-haut, plutôt) de son propre chef.
   Elle a été obligée d’abandonner son compagnon de cordée.
   Elle est revenue en France, mais pas en skate-board.
   Elle est passée à la télé.

Jusque-là, rien de choquant : pour avoir fait pas mal de sports bizarres (dont la spéléo) quand j’étais jeune, la question de sauver sa peau quand on ne pouvait plus rien faire pour l’autre était lancinante. Heureusement, le cas ne s’est jamais produit pour moi.
Donc, aucun reproche à ce sujet, ni de leçon à donner.

Mais j’ai tout de même une grande interrogation : elle n’a jamais montré la moindre compassion pour le pauvre polak qu’elle a dû abandonner. Elle a toujours été souriante dans les interviews et n’en a jamais fait mention. Comme s’il n’avait jamais existé. Il n’y avait qu’elle qui existait ? Elle était la seule digne d’intérêt ? Ce sont pourtant des sauveteurs polonais (de vrais héros, eux, et heureusement pour elle à proximité) qui sont venus la sortir de la merde dans laquelle elle s’était immergée. Mais elle n’a parlé que d’Elle.

Je n’ai rien contre les Conquérants de l’Inutile, mais j’attends d’eux une exemplarité, une envie de faire des choses impossibles juste parce qu’elles me sont impossibles.

Elle a déclaré sans mollir que dès qu’elle serait en forme, elle y retournerait. Elle paiera l’aller, sans doute, mais le retour sera à nos frais si ça foire comme cette fois, rapatriement sanitaire oblige…
Ce ne sont pas les quelques centimes d’euros que ça coutera au contribuable qui me tracassent.
C’est juste elle.
Elle et son ego surdimensionné. Son inconséquence. Son incapacité à voir la vie des autres. Elle et son insensibilité à la mort de son compagnon de cordée.
Pauvre inutile, pataugeant dans ses besoins, avide de reconnaissance et d’éloges.

Si c’était un crime passionnel, on pourrait dire « Ouais, on ne peut pas prendre parti ; il était peut-être désagréable. Qui sait même s’il parlait français ? Et tout ça… ».
Mais ce n’est pas un crime passionnel.
C’est un crime devant la Mémoire : « le Polak, rien à foutre. »

Moi, quitte à sombrer dans la vulgarité, j’appelle ça une salope !